02 Dec 2016, 16:35
Un départ brutal.![]() |
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| J'arque un sourcil, écoutant Gérald, se plaignant, souffrant. Je fais la moue, il est affaibli, fatigué, c'est vrai qu'il risque fort d'être un boulet. Je pousse un soupir. Je fronce les sourcils lorsqu'il me propose de le laisser ici. Qui serais-je pour l'abandonner ici, le laisser ramper vers Mortifia ? Qui pourrais-je prétendre sauver en agissant ainsi ? Je suis une âme vieille de milliers d'années, je n'ai jamais été adouci par l'humanité, par cet homme, qui est un ange, mon pire ennemi. Je me rapproche d'avantage de Gérald, réduisant presque à néant la distance qui nous sépare. Je lève les yeux au ciel et je dégage l'une de ses mèches folles qui se balade sur son visage. Je ne te laisserai pas ici, je soupire. Ne sois pas idiot. Je lui souris timidement et je m’assoie contre lui. Peut-être que si j'irradie de chaleur, il se sentira mieux. Je ne sais pas comment fonctionne ce pouvoir et pour pouvoir le dompter, il va me falloir aller jusqu'aux montagnes. Tu sais, Rey est à l'hôpital à cause de moi. Du moins, je croyais que ça l'était. Elle a chuté des remparts, elle a eu une vision de moi, détruisant le monde. Je le sais, parce que j'ai pu lire son esprit. Je le pourrais avec toi, mais je ne sais pas comment faire. J'ai sauvé Rey de sa chute en la faisant atterrir dans la boue et en amortissant comme je le pouvais, grâce à mes pouvoirs. Elle n'est pas vraiment blessée, mais elle a débloqué celle que je suis. Je tourne la tête vers Gérald. Ce que je veux dire, c'est que je ne pourrais jamais retourner à Mortifia après ça. Tu as vu l'étendu de mes pouvoirs, mais je dois trouver mon dernier rempart pour pouvoir les contrôler. Sans cela, je serai l'éternel Phoenix, perdue, songeuse et abattue. Je ne veux plus de ça. Je m'allonge à côté de Gérald et je lève les yeux sur le ciel étoile. Les enfants dorment maintenant, plus aucun bruit ne les anime. Si tu retournes à Mortifia, nos chemins ne se croiseront plus jamais, Gérald. Je me tourne sur le côté et je pose les yeux sur lui. Je t'apprécie beaucoup, lui dis-je tout bas. Je lui souris affectueusement et je ferme doucement les yeux. La fatigue m'emporte légèrement, mais je lutte, encore et encore. Repose-toi, je murmure. Peut-être qu'une idée brillante me viendra à l'esprit, qui sait. Je sens les prémices du sommeil qui me gagne, mais je m'accroche encore à ce monde. |



