11 Sep 2016, 14:35
Un long chemin vers un avenir confus |
||
| J'arque un sourcil lorsqu'Olaf se propose de me brûler à nouveau les cheveux pour essayer de reproduire le mécanisme. A quoi pense-t-il, que je vais le laisser faire ?! Tu es sérieusement en train de penser que je vais te laisser me brûler la tête ? Nous rions tous les deux, mais Olaf est tout à fait sérieux à ce propos. Je me lève, m'écartant et creusant la distance entre nous. Je retourne près du feu et je le toise durant de longues secondes. Je prends une profonde inspiration alors qu'Olaf me regarde avec inquiétude. Je lui souris afin de le rassurer. Viens avec moi. Je m'empare, avec mes gants, d'une buche embrasée et je sors de la maison. Il commence à faire nuit, le soleil n'est d'ailleurs plus qu'un lointain souvenir. La fraicheur de la nuit me dévore aussitôt, mais je ne m'en soucie pas. Je chasse la neige qui se trouve sur une petite table et je jette la buche chaude. Je fourgue un tas d'herbes et de bois, isolant le feu afin qu'il ne prenne pas sur la table. Je le nourris, je perçois les pas d'Olaf derrière moi. Vêtue de la tunique de ma mère, je m'avance vers un danger imminent, ce brasier devenant feu. Le feu s'embrase et les flammes s'agitent et dansent, s'élevant en hauteur. Je suis si proche du feu que la chaleur fouette intensivement mes joues. J'entends Olaf, il cri, peut-être parle-t-il mais je ne comprends pas tout. Je suis obsédée par la puissance de ce feu tout comme je le suis par les flammes depuis ma tendre enfance. Je n'en ai jamais fait mon ennemi, bien au contraire. Je recule de plusieurs pas lorsque les flammes s'emballent et que le vent s'en mêle. Je me heurte au torse d'Olaf qui m'observe étrangement, mais je n'en démords pas. Laisse-moi essayer, dis-je fermement. Il n'a pas le temps de me retenir que je fonce vers les flammes. Une rafale secoue violent le feu qui subit la violence du froid et semble s'éteindre de seconde en seconde. Je me poste devant, la chaleur touchant chaque parcelle de ma peau découverte. J'enlève aussitôt mon gant et j'avance ma main tremblante vers les flammes. Je ressens la chaleur, elle est de plus en plus pressante, violente, fourbe. Je pose alors ma main dans le feu et Olaf hurle, une fois de plus. Il me prend certainement pour une folle, tout comme je pense l'être. Ma main ne reste que quelques secondes dans les flammes, de peur de me brûler ou d'avoir mal, mais lorsque je l'en ressors, je me tourne face à Olaf et je lui tends ma main, intacte, brûlée, ni douloureuse. Je me tourne à nouveau vers le feu et j'approche timidement les pointes de mes cheveux, qui s'embrasent dans la seconde. Le feu ne se propage pas, il s'estompe trois centimètres après les pointes, disparaissant. Olaf et moi attendons de longues et intenses minutes lorsque mes cheveux se reconstruisent d'eux-mêmes. Je me tourne face à mon frère. Je ne sais pas comment ça peut se produire, dis-je étonnée. Je n'ai jamais pensé, après toutes ces années, que mon adoration pour les flammes pouvait avoir quoi que ce soit avoir avec le feu que je ne me brûlais jamais. Je pensais que c'était un problème avec la douleur, ou peut-être une question d'endurance à la chaleur. Je n'explique pas ça. Je me blottie contre Olaf, parce que même si je semble résistante à la douleur du feu, je n'y suis pas au froid. Je vrille mon regard vers mon frère. Je ne sais pas ce qui m'arrive, Olaf. Et bien que cette découverte soit extraordinaire, je n'en suis pas pour le moins peu effrayée. Le sage du village ne racontait peut-être pas que des histoires. Seulement, je suis une fille pragmatique et réaliste, je ne crois pas aux histoires. |


