

Après une nuit à veiller sur Rey, elle se levait avant moi, elle semblait déboussolée et intimidée. Elle me regardait et devenait toute rouge, en comprenant l'état dans lequel elle se trouvait, il ne restait rien de son haut, juste de quoi cacher ce qu'une fille n'aimerait pas montrer à n'importe qui, surtout pas à un inconnu tout juste rencontré. Elle semblait embarrassée de cette situation peu commune mais avait bien vu que j'avais du respect pour sa personne. Je lui avais laissé des vêtements propres qu'elle alla enfiler rapidement dans la petite pièce qui me servait de salle de bain, il y avait tout le nécessaire pour qu'elle s'y sente bien. À son retour, pour me remercier elle m'attrapa dans ses bras. Je me sentais soulagé qu'elle ait compris ce que je venais de faire pour elle, et qu'elle ne m'en voulais pas.
Elle était rayonnante de vie et d'espoir, elle venait de récupérer la faculté de marcher, et de parler de sa douce voix. À son réveil j'ai eu le temps de voir que les bleues que je lui avais faites avec le massage cardiaque avaient disparu. Je ne l'ai pas fixé longtemps du fait qu'elle s'était retrouvée dans cette situation à cause de la forte douleur, j'avais détourné le regard pour ne pas l’embarrasser plus. Maintenant qu'elle était habillée mon regard ne devenait pas gênant pour elle, elle ne rougissait plus.
Je lui ai montré en ces 4 jours que j'étais encore capable d'apprécier une personne, d'aimer, d'aider, j'étais comme devenu le père qu'elle n'avait jamais eu. Nous nous juste étions rencontrés que je l'avais aidé et jusqu'à ce jour, toutes les heures passés avec elle, je les ai passés à l'aider et à l'empêcher de mourir. Mais je n'arrivais pas à lui dire de façon rassurante ce que j'avais fait pour lui faire repartir son coeur, mais elle ne devait même pas se souvenir de ce moment-là ni de la phrase que j'avais dit à son retour à elle.
Je souhaitais qu'elle reste avec moi mais ne savais pas quoi lui dire, ce que je ressentais pour elle était plus grand qu'une relation père-fille, mais plus une grande amitié qui s'était formée. Je ne lâchais plus son regard, espérant qu'elle m'invite à la suivre où qu'elle aille. Elle m'avait dit vouloir me montrer certaines choses, mais maintenant que je lui ai offert la possibilité de rester en vie, voudrait-elle encore de ma présence ? Me proposerait-elle de continuer ma vie à ses côtés. J'ai la possibilité si elle me le demandait de la rendre comme moi, immortelle et humaine. Une humaine sans un gène d'Ange. Mais mon secret ne serait-il pas un fardeau pour Rey, elle qui est si jeune et si fragile, même si elle essaye de le cacher.
Je ne savais quoi dire pour la convaincre, mais la libérer de son passé et lui permettre de pleurer un bon coup dans les bras d'une personne qui lui permet de s'exprimer, de vider son sac de mauvais souvenir était le plus grand soulagement que je pouvais lui offrir.



